La fatigue psychologique des entrepreneurs.

11 février 2020

Cette semaine, parlons d’un sujet qui m’a hantée durant quelques semaines et qui a hanté beaucoup de personnes. La fatigue psychologique des entrepreneurs.

Elle n’a rien à voir avec le manque de sommeil ou la fatigue physique qui résonne dans l’ensemble de nos muscles. 

C’est un épuisement mental,

Qui vous tape sur la tête et vous donne envie de vous poser sur votre canapé. Vous n’arrivez même plus à penser car vous avez la sensation qu’il n’y a rien à dire. 

C’est vraiment une sale phase dans sa vie. Certains diront que c’est « une dépression », mais la dépression, on est mal et on ne sait pas pourquoi. 

Là, avec cette fatigue psychologique, on connait la racine du mal. C’est souvent un trop plein émotionnel. Mylène l’a vécu et en parlera dans mon podcast. Elle a subi le contrecoup un an après avoir ouvert Hello’working.  

Et oui, le contrecoup après s’être donné énormément peut arriver. Personne n’est à l’abri de ça. Je l’ai moi aussi subi pendant 2 mois suite à beaucoup de choses : des clients malveillants, un manque de prospects, beaucoup de devis pas signés. 

Je fais quoi ? Je ponce Netflix et je vais livrer un 3T de Kleenex ? 

Mais je crois que le pire reste les gens qui disent « Je réussis, je ne comprends pas, pourquoi ça m’arrive à moi ».

J’en ai tellement entendu… Alors que toi tu galères, tu mets tout en œuvre pour réussir. J’aime dire « Je monte des murs avec du sable du Sahara, mais il est rond, donc ça ne tient pas. Ils s’effondrent, je dois les refaire.  ». 

J’ai le droit de réussir! J’ai le droit !

Je suis légitime, je travaille pour ! Je travaille plus que les autres. Je ne suis pas un imposteur. 

Le temps passait et je ne voyais plus les opportunités. Je me disais « C’est bon, je vais devoir rechercher un emploi que je déteste, un emploi de salarié dans un domaine que je déteste car je n’ai pas les diplômes pour réussir dans la communication et je n’ai pas assez d’expérience. C’est quoi le plan? »

J’ai d’ailleurs postulé à un emploi de Community manager. Bien sûr, ça n’a rien donné. Heureusement, ce « non » est arrivé après cette fatigue psychologique, je pense même que ça m’en a sortie. 

De plus, le froid, l’hiver, ce temps qui n’a aucun sens… Les lumières de Noël qui s’éteignent et se retirent laissant place à la tristesse de l’hiver. Certains adorent cette période. Moi, elle ne me parle pas. J’ai l’impression qu’elle laisse mes démons du passé refaire surface. 

La fatigue psychologique n’a pas de saison car comme l’a dit Mylène dans mon podcast, elle  fait en été. 

Quand vous êtes épuisé, ni le froid, ni la chaleur ne change quelque chose à votre état. 

Vous ne rêvez que d’une seule chose, dormir, dormir et encore dormir. Pleurer, vous morfondre… et vous rappeler sans cesse tout ce mal qui vous ronge. Vous le trainez comme un vieux cadavre. Il est partout avec vous, sous la douche, à côté de vous assis dans le canapé, couché dans votre lit. 

Comment sait-on qu’on est pleine fatigue psychologique ? Au réveil, si vous vous sentez plus fatigué que lorsque vous vous êtes couché, vous êtes en plein dedans.

Ou quand même sourire devient compliqué. Vous sortez dehors avec un masque. En réalité, vous n’avez pas envie de voir vos ami.e.s car ils percevront votre vrai visage et vous avez peur de transmettre votre fatigue. Bah quoi ? On ne sait jamais ! 

On a cette impression que cela va se voir sur notre visage, alors on se donne beaucoup d’énergie positive, on la puise au fond de nous. On la cherche dans nos dernières forces. Vous savez celles enfouies très profondément avant de nous endormir? 

On la prend pour avoir un semblant de vie sociale. On vit entre le « personne ne veut me voir » et « je ne veux voir personne ». 

Pour les femmes, c’est comme si on avait l’état psychologique des règles, mais en version continue. On remet toute notre vie en question, on pleure pour un stylo qui tombe, on coupe les ponts avec des gens car leurs messages gentils n’étaient pas assez gentils. 

La fatigue ne touche pas tout le monde. Certains passent au travers, peut-être qu’ils se font moins de soucis que nous et qu’ils ont la force de lâcher prise.

Heureusement, on s’en sort toujours. Ce ne sont que des phases de notre vie qu’on doit appréhender et qui nous font grandir. Comme j’aime le dire, elles ne résument pas notre vie.

C’est certainement une phase obligatoire pour nous connaître, ou nous connaître encore plus. 

Si vous êtes en plein dedans, c’est une traversée éprouvante qui vous attend, je ne peux pas vous mentir. 

Toutefois, tout va bien se passer. Vous allez vous en sortir. Ça arrive même aux meilleurs. Prenez soin de vous et du temps pour vous. Ne culpabilisez pas. Vous allez aller mieux, ce n’est qu’une question de temps. 

Soyez audacieux, prenez soin de vous.

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4 comments on “La fatigue psychologique des entrepreneurs.

  1. En effet. Cela arrive à tous à un moment donné. Et, comme tu le soulignes, c’est aussi ce qui nous permet de nous connaître mieux et donc, de rebondir. Pour ça, il est indispensable d’accepter cette traversée du désert (ou même, de la revendiquer). Alors oui, cela peut et va nous faire perdre des gens, nous attirer des moqueries (de pauvres c*****ds qui n’ont jamais rien fait dans leur vie, mais s’érigent en donneurs de leçons), mais peu importe. L’important justement c’est qui tu veux être, ce que tu veux faire, et où tu veux aller.

  2. Olivier STEMPERT Fév 21, 2020

    J’apprécie ta façon de penser, de lire et d’écrire… Que de diamants bruts ces mots écrits sur ton blog!!
    Alors oui effectivement, parfois on cogite trop, on veut tout de suite trop bien faire sans même trop se poser la question si c’est bien ou non. On peut se planter mais on le voit pas/on ne l’accepte pas toujours.

    Il faut savoir s’accorder des moments de repos, on devrait tous le faire mais pour certaines personnes, le temps compté est plus court…

    Ma devise du moment, fais pas gaffe aux autres, vis pour toi et reste tranquille !

    Continue ton excellent travail et toujours un délice de suivre tes écrits ! 🙂

    • Priscilla Mar 3, 2020

      Merci Beaucoup Olivier, ça me touche énormément !
      Oui du repos, mais par moment je me repose et je me culpabilise encore plus… c’est compliqué !
      Des petits moments de repos sinon.. le sport, des activités externes comme boire des verres avec des ami.e.s tout simplement. Pas s’enfermer, et c’est ce que je fais par moment..

      • Olivier Mar 5, 2020

        Je t’en prie Priscilla, j’ai beaucoup apprécié cet article.
        Effectivement des mini-pauses sont aussi très utiles pour se ressourcer, sortir la tête de l’eau et reprendre de la concentration.
        Après comme tu dis, il faut se reposer de manière judicieuse.
        Après oui extérioriser/sortir/profiter ça reste à coup sûr une des meilleures thérapies 😀