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Originalite

Je suis salarié, je n’ai pas monté mon entreprise et j’ai honte.

28 mai 2020

Je suis salarié, je n’ai pas monté mon entreprise et j’ai honte.

De nature rebelle, je n’ai jamais aimé adhérer aux modes. En 2020, une mode étrange et très culpabilisante a fait sa venue. L’idée qu’on devait tous être entrepreneurs. Oui, oui, il paraît que c’est même « honteux et ridicule » d’être encore salarié et de ne pas avoir vécu l’aventure incroyable de l’entrepreneuriat. 

Est-ce qu’on peut parler de ce sujet trois secondes et demie ? 

Cet article est dédié à tous ceux et celles qui culpabilisent chaque matin de travailler pour un patron et pour tous ceux qui se sentent malheureux de ne pas oser lancer son propre business. 

Pour les entrepreneurs chevronnés ou en début de carrière entrepreneuriale, vous allez certainement comprendre mes mots. 

Les coachs 

J’ai entendu des phrases comme:

« Vous êtes l’esclave de votre patron qui est votre bourreau et l’entreprise pour laquelle vous travaillez est votre prison »,
« Vous êtes comme à la maternelle, vous devez demandés pour aller faire pipi. Mais est-ce que la maternelle ne vous conditionne pas déjà à être un salarié-esclave ? »,
« Monter son entreprise c’est l’eldorado, c’est la liberté »,
« La règle des 40 : 40h/semaine pendant 40 ans pour 40 % de son salaire. » 
Waouh, trop d’informations extrémistes en une fois. J’ai besoin d’un verre d’eau pour reprendre mes esprits. 

Plus on cherche des informations sur l’entrepreneuriat, des réponses à des questions, des informations pour nourrir nos connaissances ou pour augmenter notre valeur, plus on se heurte à certaines pensées et croyances. 
L’information donnée sur le monde du salariat est vue à travers un prisme, un passif et une vision. Chaque personne peut dire ce qu’elle souhaite, il faut savoir trier. D’où l’importance de faire un tri des informations et d’en faire sa propre analyse. 
Toutes personnes qui vous parlent, avec de la fame ou pas, n’ont pas toujours raison. Elles n’ont pas parole d’évangile.

Je crois que la phrase la plus aberrante que j’ai vue « Si pendant le confinement vous n’avez pas lancé un business c’est la honte ». 
Quel monde pathétique. Parfois je me demande où est la bienveillance. 

Être salarié  

Quand on est salarié dans une boîte que l’on déteste et dans laquelle il ne fait bon vivre c’est compliqué de trouver des arguments pour vous dire à qu’être salarié possède de très bons côtés. 

Grâce à la vie de salarié, vous pouvez acheter une maison, faire un crédit pour votre voiture, trouver un appartement facilement, partir en vacances, investir dans du locatif pour vous faire un revenu complémentaire. Développez votre intelligence financière et investir dans des sociétés. Apportez de la valeur à votre entreprise. Cherchez une autre aventure salariale si vous n’êtes plus en accord avec celle-ci.

Si vous êtes salarié et que vous voulez vous lancer dans l’entrepreneuriat je vous y encourage, mais je préfère être clair : tout a un prix à payer.

Vous pouvez lancer un business en le testant directement sur le terrain, vous pouvez réduire vos heures et passer à un mi-temps pour ne pas vous retrouver la gorge serrée avec que les yeux pour pleurer. 

Si vous avez une période de chômage, allez-y si vous y pensez depuis longtemps. Prenez cette opportunité pour voir si vous avez assez de courage et de détermination pour tenir ce marathon dans lequel on fait des sprints tout les 100 mètres.

Quoi qu’il arrive, même si vous ne tenez pas le coup, il faut mieux essayer que d’avoir des regrets. Si on se moque de vous, je vous jure que n’en mourrez pas. 

Si vous ne vous sentez pas de vous lancer, assumez-le, « Je ne veux pas être entrepreneur, j’apprécie être salarié. Je sers une entreprise qui a les mêmes valeurs que moi. » 

Et beaucoup de personnes oublient qu’il faut des salariés, et les entrepreneurs sont heureux d’embaucher des personnes. Créer du travail c’est le Graal. 

Vivre l’aventure entrepreneuriale.

Et quelle grande aventure ! Dur, compliquée, qui prendra du temps, vous subirez des échecs et des humiliations. Vous verrez bien si vous vivez dans l’excitation d’un projet qui ne durera que deux mois et qui n’aboutira jamais. Ou si vous êtes portés par une réelle inspiration.

C’est déjà une première grande étape ! 

Quand on rentre dans le mindset des entrepreneurs il y a deux possibilités : 

  • Soit ils disent que c’était génial, pas d’échecs à l’horizon
  • Soit, ils parlent de leurs échecs comme une forme d’apprentissage et ils en connaîssent toutes leurs valeurs pour avoir tout ce qu’ils ont actuellement.

Le deuxième point, c’est extrêmement rare qu’ils le mentionnent, il y a toujours cette grande honte de les assumer et de subir le jugement. C’est un peu une omerta française alors que ça bâtit votre CV d’entrepreneur.

 On met sur un piédestal l’aventure entrepreneuriale et je me dis : Comment peut-on le prôner ? 

Oui, on peut se lancer en freestyle, on s’en fout, bien que les enjeux psychologiques et de motivations sont réels.

Il y a beaucoup d’entrepreneurs en dépression, car ils ne savent pas comment payer leur loyer en fin de mois alors qu’être salarié c’est l’avantage d’avoir cette sécurité financière. Je ne parle pas de la sécurité de l’emploi. Oui, on pourrait partir dans un débat économique et politique de « il n’y a pas assez de travail, c’est dur de trouver un travail bla-bla-bla ». Je sais, je sais, je l’ai vécu.

Croyez-moi, être entrepreneur ce n’est pas 40 h de travail, c’est parfois rester au fond de son lit, à ne pas dormir, à se dire « Putain, mais pourquoi je me suis lancé ? », « Qu’est-ce que je puisse faire pour m’améliorer sur ça ou ça ? ». Vous devez faire votre communication, votre compta, recherchez vos clients, apportez de la valeur. On ne peut pas décrocher mentalement comme quand on est salarié. On passe la porte du bureau et c’est bon. 

Que vous soyez free-lance, solo-entrepreneur ou CEO d’une Start-up, vous faites des trucs tellement chiants. Vous faites les tâches que vos collaborateurs ne veulent pas faire. Oui, vous allez devoir laver les toilettes. Non, vous n’allez pas être derrière votre bureau à compter vos billets avant de partir aux Maldives. 

Vous allez devoir vous former, virez des gens et vous allez vous retrouver dans des positions inconfortables. Vous signez pour de longues heures de travail qui n’auront pas toujours de grandes valeurs, des doutes, ainsi que des remises en question. Vous allez pleurer des larmes de sang. 

Vous n’allez peut-être jamais atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés et fermer boutique. Car c’est ça l’enjeu, ne jamais transformer, faire pleins d’erreurs, commencer une aventure qui ne nous correspondait pas et en sortir briser avec un manque total de confiance et d’estime de vous. 

Le monde de l’entrepreneuriat est avant tout une grande et belle expérience mais elle n’est pas gage de réussite.

Donc tout les débiles qui vous proposent d’être riche en 6 mois, faites-leur un gros doigt. Ce n’est pas vrai. L’entrepreneuriat c’est du courage. 

Soyez audacieux, soyez qui vous voulez.


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5 comments
  1. En effet, le 21ème siècle offre pléthore de choix en matière de carrière et d’aventure professionnelles 😊. Il appartient à chacun et chacune de faire le choix qui lui convient le mieux en ce domaine (en fonction aussi de ses valeurs, de ses objectifs, et des personnes avec qui il ou elle désire collaborer).

    • Priscilla

      Oui sans faire culpabiliser les gens :)

  2. Olivier STEMPERT

    C'est dur de se lancer dans des projets persos, je connais des personnes se lançant dans entrepreneuriat, qui s'en sortent à merveilleux. D'autres, pour qui l'aventure vire au cauchemar. Tout dépend de l'équilibre de vie, de son entourage, de son mode de vie, de sa détermination et de la croyance en son projet.

    • Priscilla

      Exactement c'est dur, heureusement que beaucoup en vivent et construisent nos entreprises et le monde de demain :D. C'est surtout l'illusion de "Waouh c'est magique et incroyable d'être entrepreneur"

      • Olivier STEMPERT

        Oui il faut toujours voir les deux côtés, il faut du chemin et ne pas se voiler la face sur les difficultés! En attendant, profite bien de ce que tu fais :D

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